Le mot chambara, qui désigne les films de samourais, vient de l'onomatopée chan-chan-bara-bara qui imite le bruit du sabre tranchant la chair. Les héros des chambara sont souvent des marginaux révoltés : joueurs professionnels, rônins (samourais sans maître), ou ninjas, ils doivent se battre pour survivre. De nombreux mangas et animes tels que Ninja Scroll ou Samourai Shadown, dans la grande tradition du chambara, prennent pour héros, des hors la loi qui s'opposent à une organisation surpuissante. A travers eux, le Japon règle ses comptes avec toutes les formes de pouvoir oppressif.


Finalement, les japonais préfèrent les fauteurs de troubles aux nobles samourais... D'ailleurs, les samourais n'ont pas toujours bénéficié d'une bonne réputation : ils se faisaient parfois battre sous les applaudissements par des rônins déguenillés. Voilà pourquoi, très rapidement, les guerriers cyniques, tourmentés et rebelles, eurent du succès au cinéma.


Dès 1924, le film "Le passage du grand Bouddha" porta sur le devant de la scène un rônin psychopathe, rendu fou par la soif de vengeance. Ce fut le début d'une longue série de chefs-d'oeuvre barbares, plus ou moins connus en occident: Les sept samourais (1954, réal: Akira KUROSAWA), Le héros sacrilège (1955, réal: Kenji MIZOGUCHI), La ballade de Kyoshiro Nemuri (1964, réal: Kazuo IKEHIRO), Sanjuro (1962, réal: Akira KUROSAWA), Zatoichi le samourai aveugle (1964, réal: Hideo GOSHA) et la série des Baby Cart (1972 à 1975, réal: Kenji MISUMI).